AgoraNews-Mobility > Outils > Études-Enquêtes-Stats > Usagers, un partage de la route difficile et parfois dangereux !

Usagers, un partage de la route difficile et parfois dangereux !

Usagers, un partage de la route difficile et parfois dangereux !

Sur route, la voiture domine toujours mais d’autres usages s’installent, notamment en ville.

 

Pour 77% des Français, les automobilistes considèrent que la route leur appartient, pas moins ! Normal elle a été faite pour eux…  82 % se sentent en sécurité sur les trajets citadins, alors que les 2/3 ne respectent pas le code de la route. À l’opposé, 72 % des cyclistes se méfient des automobilistes. Mais les deux-roues ont des comportements dangereux en ville pour plus de 80 % des usagers. Alors que les routes des agglomérations subissent de profonds changements depuis quelques années, la crise du coronavirus a accéléré ces transformations et encouragé les usagers à privilégier des moyens de transport personnels de plus en plus variés. Automobiles, vélos, motos, scooters et trottinettes doivent apprendre à se partager la chaussée en ville… ce qui n’est pas toujours évident.

L’indétrônable voiture

71% des Français utilisent leur voiture au moins une fois par mois pour leurs déplacements en ville, soit 56 points de plus que le vélo. Malgré la diversification des usages sur les routes, constatée depuis plusieurs mois, et les différentes politiques encourageant la réduction de l’usage de la voiture, l’automobile demeure le premier moyen de transport individuel puisque plus de 7 répondants sur 10 déclarent l’utiliser au moins une fois par mois pour leurs déplacements en ville. Un plébiscite qui regroupe tous les âges, même si les moins de 35 ans y ont moins recours que leurs ainés (62 %), tout comme les Franciliens (59 %). Mais si la voiture fait (presque) toujours l’unanimité, le vélo (électrique ou non) fait aussi son chemin dans le quotidien des Français puisqu’il compte 15 % d’utilisateurs réguliers, encouragés par les nouveaux aménagements urbains et le déconfinement. Souvent pointés du doigt, les deux-roues (motos et scooters) et les trottinettes sont en fin de compte moins nombreux, ne comptant que 5 % et 4 % d’utilisateurs réguliers : « Ces chiffres prennent le contre-pied de ce qu’on cherche nous faire croire quant à la place de la voiture. Non seulement, elle apparaît comme un rempart à la crise sanitaire mais elle reste un mode transport très important qui n’est ni désuet, ni has been » a commenté Maître Rémy Josseaume, avocat au Barreau de Paris, responsable de la Commission Droit Routier, grand défenseur de la voiture et des automobilistes…  « Ce qui change, ce sont les populations. On a des profils plus différents : moins de voitures et de camions et davantage de cyclistes et de piétons quand, au contraire, les motards sont constamment surreprésentés par rapport à leur nombre réel. »

L’enfer, c’est toujours les autres…

Des voitures au comportement parfois dangereux et des cyclistes qui ne respectent pas le Code de la Route… Difficile d’avancer !

Les routes, malgré l’augmentation du nombre d’usagers, inspirent tout de même un sentiment de sécurité sur les trajets quotidiens pour 82 % des habitants des grandes agglomérations. Toutefois, la prudence reste de mise pour la majorité, près des 2/3 (61 %) déclarant préférer rester vigilants malgré tout. Une inquiétude qui touche également davantage les automobilistes ayant des enfants, 22 % d’entre eux affirmant ne pas se sentir en sécurité durant ces trajets, à l’instar des usagers les plus fragiles comme les cyclistes et les trottinettes (26 %). Sur ce dernier point, l’aménagement routier est également mis en cause puisque 79 % des habitants des grandes agglomération estiment que les infrastructures ne protègent pas suffisamment ces usagers. La voiture est ainsi crainte par 72 % des cyclistes et 60 % des deux-roues. Quant aux vélos, ils sont déclarés ne pas respecter le code de la route pour 89 % des répondants. Si 2/3 des citadins disent rester prudents sur les routes, c’est aussi parce qu’ils se méfient davantage des autres moyens de transport. La voiture est ainsi le principal danger craint par tous les autres utilisateurs ! Une inquiétude particulièrement forte pour les 3⁄4 des cyclistes (72 %) et les deux-roues (60 %). Les trottinettes, qui roulent parfois sur le trottoir en dépit de l’interdiction, sont moins nombreuses à citer l’automobile, bien qu’elle reste leur première menace (42 %).
Si ces usagers désignent tous une crainte commune, les conducteurs eux sont davantage partagés, citant en majorité les motos/scooters et les vélos (respectivement 35 % et 29 %). Dans le détail, les automobilistes les plus âgés se montrent les plus méfiants vis-à-vis des cyclistes (33 % des plus 50 ans) et 42 % des Franciliens redoutent davantage les deux-roues (contre 33 % des automobilistes habitant dans les agglomérations de province). À ces sentiments sont affilés plusieurs préjugés sur la dangerosité des comportements des différents moyens de transport, que les Français tendent à valider. Ainsi, près de 9 répondants sur 10 pensent que les vélos ont tendance à ne pas respecter le code de la route, dont 80 % des cyclistes qui dénoncent aussi le comportement de leur pairs, et la conduite des trottinettes est jugée irresponsable par 84 % des répondants. Du côté des deux-roues, ils sont 62 % à reconnaître que leurs pairs doublent n’importe comment et 64% qu’ils roulent trop vite en agglomération, sachant que la majorité des Français approuvent ses affirmations à respectivement 85 % et 83 %. Les voitures ne sont pas non plus épargnées, 77 % des habitants des grandes agglomérations considérant que les automobilistes pensent que la route leur appartient, une opinion également partagée par 75 % des conducteur : « C’est un constat édifiant : nous sommes tous le chauffard d’un autre !  a ajouté Maître Josseaume;  C’est la contextualisation de la jungle qu’est devenue la route et de notre façon de penser : il est plus facile de voir le danger chez les autres que dans nos propres comportements. »

Les deux roues motorisés, imprudents !

Si tous les types d’usagers admettent se méfier davantage des autres que de leurs pairs, une très large majorité reconnait ne pas respecter le code de la route ! La proportion atteint jusqu’à 75 % pour les conducteurs de deux-roues (moto ou scooter) issus des grandes agglomérations, dont 40 % enfreignent le code de la route au moins une fois par semaine. Les infractions sont également relativement fréquentes pour les cyclistes et les conducteurs de trottinette, qui se sentent peut-être moins exposés aux sanctions, avec respectivement 69 % et 68 %. On constate au passage que, comme mentionné précédemment, les cyclistes (80 %) sont plus prompts à dénoncer l’attitude des « vélos en général » ou concrètement, des autres cyclistes, que de reconnaitre leurs propres infractions. Les trottinettes sont quant à elles les plus nombreuses à déclarer enfreindre les règles au moins une fois par semaine (42 %, contre 31 % pour les cyclistes) : « C’est d’autant plus compliqué que certains moyens de transport, comme la moto et le vélo, impliquent qu’on puisse ne pas respecter les règles… a complété Maître Josseaume, d’ailleurs la verbalisation des cyclistes est quasiment nulle. »Finalement, les automobilistes apparaissent comme les usagers les plus respectueux du code de la route, bien que 55 % admettent ne pas toujours le respecter, dont 18% au moins une fois par semaine. En voiture, ce sont d’ailleurs les conducteurs âgés de 25 à 34 ans qui sont les plus enclins à enfreindre le code de la route (70 %). Il semblerait également qu’autant en voiture qu’à vélo, les hommes soient les moins respecteux des règles : 64 % des hommes ne les respectant pas toujours en voiture (contre 48 % des femmes) et 76 % en vélo (contre 59 % des femmes).
• Cette étude, réalisée par OpinionWay en novembre 2020, a été menée auprès de 1 037 personnes résidant dans une agglomération comptant 50 000 habitants ou plus. issue d’un échantillon de 1 969 personnes et représentative de la population française âgée de 18 ans ou plus.